Category: Politique (fr)

Quand les arbres cachent la forêt

En été 2019, j’ai appris qu’il y a un collectif politique « Vert Le Relecq-Kerhuon » qui voulait se présenter au Relecq-Kerhuon pour les élections municipales 2020.

Une liste verte au Relecq-Kerhuon ! J’ai été très curieuse de leurs propositions pour l’écologie, la protection de l’environnement et de la biodiversité dans notre ville.

Vert Le Relecq-Kerhuon – un collectif vert dans une ville verte

Quand on regarde Le Relecq-Kerhuon par le haut des collines on voit une ville verte. Et quand on sillonne la ville à pied, il y a plusieurs espaces verts publics à découvrir: le Bois de Kéroumen, l’Anse de Kerhuon, la prairie humide de Lossulien, le Bois de Sapin, la Coulée Verte, la Vallée du Costour. À coté de ces espaces verts publics il y a aussi tous les jardins avec une grande variété d’arbres, de buissons, de fleurs, de pelouses et de jardins potagers.

Voici quelques photos que j’ai prises dans mon jardin et pendant mes promenades.

Vue sur Le Relecq-Kerhuon depuis le pré à côté de la Venelle de Kerminihy

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Vue sur l’Anse de Kerhuon – Réserve naturelle ornithologique

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Une famille de Cygne tuberculé (Cygnus Olor) à l’Anse de Kerhuon

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Un cygne devant le viaduc ferroviaire de Kerhuon. En arrière une partie du Bois de Keroumen

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La biodiversité au Le Relecq-Kerhuon inclut aussi des espèces protégées

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Un Orchis de mai (Dactylorhiza majalis), une espèce protégée en Bretagne
Vu dans le pré à côté de la Venelle de Kerminihy.

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Une Hirondelle rustique dans la Venelle du Mendy
L’Hirondelle rustique (Hirundo rustica) et l’Hirondelle de fenêtre (Delichon urbica) sont des espèces protégées en fort déclin.

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C’est peut-être inattendu, mais si proche des maisons on peut rencontrer des chevreuils.

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La vue de la liste Vert Le Relecq-Kerhuon sur notre ville

J’aime vivre et me déplacer à Le Relecq-Kerhuon et découvrir la nature. C’est pourquoi j’ai été stupéfaite en octobre 2019 de lire un Tweet de Marie Quétier, tête de liste de Vert Le Relecq-Kerhuon.

J’ai vu les tas des bûches sur les photos mais il n’y avait aucune indication sur le lieu. Je lui ai demandé à une explication:

Marie Quétier ne m’a jamais répondu lorsque je lui demandais de m’indiquer les lieux de ces “massacres à la tronçonneuse”. Dans sa seule réponse (Capture d’écran du Tweet ci-dessus) elle a écrit: “C’est réellement mon tweet qui vous stupéfie ? Alors que nous vivons la sixième extinction de masse, le fait notamment qu’encore aujourd’hui on coupe régulièrement des arbres en ville parfaitement sains … ça, ça ne vous stupéfie pas ? Et ben moi … oui, ça me stupéfie !”

A la réunion de campagne des Vert Le Relecq-Kerhuon le 8 novembre 2019 Marie Quétier a encore une fois confirmé “de voir … des arbres et des talus coupés partout sur la commune”. (à 0.44 sur la vidéo)

Moi, je n’ai pas réussi de trouver ni les “massacres à la tronçonneuse”, ni “des arbres et des talus coupés partout sur la commune”.

Pourquoi Marie Quétier ne répond-elle pas à une question si importante pour la nature et la biodiversité de notre ville? La communication avec les habitants n’est-elle pas importante pour le collectif Vert Le Relecq-Kerhuon? Dans leur programme ils s’engagent à la “démocratie participative” et aux “plateformes numériques de démocratie participative” pour “faciliter le dialogue, stimuler une citoyenneté constructive”.

Je trouve douteux qu’une candidate à la mairie de Le Relecq-Kerhuon fasse des affirmations concernant la biodiversité et l’environnement dans notre ville sans donner de preuve. Pour les bonnes décisions il faut qu’on connaisse l’état réel de la nature et de la biodiversité. J’ai appris et compris pendant mes innombrables promenades que nous avons dans notre ville une nature et biodiversité précieuse à protéger !

Un exemple très important, ce sont des hirondelles ! En 2013 une enquête de Bretagne vivante a repéré huit nids d’hirondelles de fenêtre à Le Relecq-Kerhuon. Mais combien y-en-a-t-il en 2020 ? Et qu’est ce qu’on sait des hirondelles rustiques ? Il faut faire un plan d’urgence pour aider les hirondelles dans notre ville.

Pour la liste Vert Le Relecq-Kerhuon la protection des 26 arbres de la Cantine du Moulin blanc est une préoccupation principale. Ces arbres sont situés sur un terrain où le sol est pollué par les anciennes activités industrielles. Le site se trouve entre la voie express et la route principale à l’entrée de Le Relecq-Kerhuon.

Les arbres sur le terrain de la Cantine de l’ancienne Poudrerie du Moulin Blanc

Dans une “Lettre ouverte aux générations de l’avenir…” la liste Vert Le Relecq-Kerhuon souligne l’importance de ces arbres pour les membres du collectif: “Vous qui osez faire grève pour le climat, qui savez que nos arbres de la Cantine du Moulin Blanc au Relecq-Kerhuon sont aussi précieux que ceux de la forêt amazonienne…“.

Selon Le Fonds Mondial pour la Nature (WWF) « L’Amazonie héberge une biodiversité phénoménale : 40 000 espèces de plantes, 3 000 espèces de poissons d’eau douce et plus de 370 de reptiles, soit une espèce sur dix connues sur Terre. À cette biodiversité s’ajoute les 550 millions d’hectares de forêts denses, le tiers des forêts tropicales humides restantes de la planète et 6 600 km de rivières sinueuses… Autant d’atouts qui justifient ’importance de l’Amazonie pour l’ensemble de la planète. »

La forêt amazonienne est un patrimoine naturel mondial inestimable.

Et à Le Relecq-Kerhuon les 26 arbres de la Cantine sont aussi précieux que ceux de la forêt amazonienne” ?

Le Bois de Kéroumen, l’Anse de Kerhuon, la prairie humide de Lossulien, le Bois de Sapin, la Coulée Verte, la Vallée du Costour et aussi tous les jardins, qui tous ensemble représentent une biodiversité importante pour notre ville, eux ne méritent pas la moindre mention dans la “Lettre ouverte aux générations de l’avenir…”?

La Vallée du Costour se trouve juste à deux pas derrière les arbres de la Cantine. Mais pour le collectif Vert Le Relecq-Kerhuon, j’ai l’impression que les arbres cachent la forêt…

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Le Relecq-Kerhuon – une ville où il fait bon vivre

Après avoir décidé d’émigrer de Norvège, j’ai été en quête d’une ville sur la côte près de Brest où je pourrais d’avoir envie de m’installer. Quand j’ai visité Le Relecq-Kerhuon en septembre 2009, la ville m’a plu tout de suite, mais on ne prend bien sûr pas spontanément une décision si importante.

Ma deuxième visite au Relecq-Kerhuon était le 14 août 2010 quand j’ai assisté au Pique-Nique Kerhorre à Camfrout avec mes enfants et des amis. C’était une soirée conviviale et magnifique, le spectacle du tango de feu de la compagnie Bilbobasso était magique.

Quelques jours plus tard nous avons sillonné la ville à pieds. Nous nous sommes promenés sur le chemin le long de l’Anse et ultérieurement sur la Corniche. Les traces de la marée et l’odeur de goémon, cela me plaît toujours quand j’y fais mes promenades quotidiennes.

Promenade le long de l’Anse de Kerhuon

Après un séjour de quatre semaines au Relecq-Kerhuon en 2011, je m’y suis installée définitivement en septembre 2012.

Étant nouvelle habitante, j’apprécie beaucoup tous les événements culturels où on a la possibilité de faire la connaissance d’autres habitants, comme par exemple les Pique-Niques Kerhorres ou les ateliers participatifs à la Médiathèque François Mitterrand.

Pour le Pique-Nique Kerhorre en 2017 j’ai fait des galettes inspirées par l’affiche du pique-nique. Je les ai partagées avec les autres pique-niqueurs.

Je me sens à l’aise au Relecq-Kerhuon, et je trouve que le maire Yohann Nédélec et son équipe de « L’Union pour le Relecq-Kerhuon » ont bien géré notre ville.

“Bienvenue au Relecq-Kerhuon” en plusieurs langues sur le vitrage du front de la Mairie. Tout le monde y est bienvenue !

Quoi qu’en disent les membres de la liste « Vert Le Relecq-Kerhuon », moi, j’ai fait des expériences que Le Relecq-Kerhuon, c’est une ville verte !

Je me promène sur les sentiers le long des talus, sous les grands arbres dans le bois de Keroumen ou au Bois de Sapins. Et autour de la prairie humide de Lossulien où j’ai si souvent pu observer le héron cendré.

Héron cendré dans la Prairie de Lossulien

Les balades en ville font aussi plaisir toute l’année car dans les jardins on trouve toujours des plantes en fleur et des oiseaux.

Je ne comprends pas du tout l’affirmation de Marie Quétier, tête de liste de « Vert Le Relecq-Kerhuon » , qui parle des massacres « à la tronçonneuse au Relecq-Kerhuon où on n’aime décidément pas les arbres » et où les « insectes et les oiseaux sont priés d’aller nicher ailleurs. » (1)

A mon avis notre ville mérite mieux que les politiciens qui peignent tout en noir.

J’ai aimé lire que la tête de liste « Marchons pour Le Relecq-Kerhuon », Jean-Marie Fourmantin, a comme moi une opinion positive de notre ville d’adoption. Il s’exprime en ces termes sur le site de la liste :

« Après avoir vécu 7 ans à Sibiril (Finistère), je suis arrivé au Relecq-Kerhuon en janvier 2014. Je me suis tout de suite pris de passion pour notre commune, havre de paix et de bien-être. » (2)

Evidemment d’accord, Le Relecq-Kerhuon est une ville où il fait bon vivre !

Ambiance de soir sur la Corniche

Jean-Marie Fourmantin et les candidats de sa liste ont bien sûr des propositions pour l’avenir de notre ville. Mais ses mots ne peuvent être qu’une reconnaissance du travail qu’ont fait le maire Yohann Nédélec et son équipe de « L’Union pour Le Relecq-Kerhuon » au cours des douze dernières années.

Ayant la nationalité norvégienne, je n’ai pas le droit de vote aux élections municipales en France, mais j’espère que Le Relecq-Kerhuon sera pour six nouvelles années gouvernée par la majorité de « L’Union pour Le Relecq-Kerhuon », menée par Laurent Péron.

Droit de vote des étrangers. Le plaidoyer de Mechthild

Le 10 novembre 2018 j’ai participé à un séminaire à Paris sur le droit de vote des étrangers organisé par le collectif “J’y suis, j’y vote”.

Le Télégramme a publié un article sur ma participation au séminaire.

Voici sur le site de “Le Télégramme” l’article de Jean-Luc Padellec publié le 14 novembre 2018 :

Droit de vote des étrangers. Le plaidoyer de Mechthild


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Mon intervention : Le droit de vote des étrangers (Séminaire, 10 novembre 2018, Salle Médicis, Palais du Luxembourg)

LE DROIT DE VOTE DES ÉTRANGERS

L’évolution de droit de vote des étrangers dans les pays nordiques et mes expériences personnelles en Norvège et en France (*)

Les pays nordiques ont accordé très tôt le droit de vote aux étrangers

La Suède à été le premier pays nordique qui en 1975 a donné le droit de vote aux élections locales à tous les citoyens étrangers.

En 1977 le Danemark a accordé le droit de vote aux citoyens des pays nordiques. En 1978 la Norvège a fait suite, après la Finlande en 1981 et l’Islande en 1986.

Le droit de vote a été étendu à tous les étrangers en 1981 au Danemark, en 1983 en Norvège, en 1991 en Finlande et 2002 en Islande. (2)

La Norvège a accordé en 1983 le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales (Kommunestyrevalg) et régionales (fylkestingsvalg) à tous les étrangers résidant en Norvège depuis au moins 3 ans.

L’évolution de droit de vote des étrangers en Norvège

En septembre 1983, aux premières élections municipales et régionales où ont participé les citoyens étrangers, il y avait 49 000 étrangers ayant le droit de vote, soit 2 % des électeurs. Aux dernières élections en septembre 2015, le nombre des étrangers ayant le droit de vote est augmenté à 313 000, soit 8 % des électeurs. (3)

En 1983, aux premières élections où les étrangers ont le droit de vote, le taux de participation des étrangers était de 46 pour cent et aux dernières élections en 2015 de 29 pour cent. On a observé depuis 1983 une tendance à un taux de participation plus bas des étrangers que le taux de participation des Norvégiens.

Le taux de participation aux élections municipales et régionales en 2015 pour les Norvégiens de souche était de 64 pour cent et pour les citoyens norvégiens issus de l’immigration de 40 pour cent, et les citoyens étrangers de 29 pour cent.

Le gouvernement norvégien souhaite augmenter la participation des immigrés aux élections

Le gouvernement norvégien est préoccupé par le faible taux de participation aux élections des Norvégiens issus de l’immigration et des étrangers. Il craint qu’une faible participation aux élections de certaines parties de la population ait des conséquences négatives pour la légitimation du système électoral et de la démocratie locale, ces groupes ne participant pas au processus démocratique. Le gouvernement appelle les communes à passer à l’action pour essayer d’augmenter la participation des immigrés aux élections. (4)

Depuis 2013 en Norvège, il y a le gouvernement de la première ministre Erna Solberg du Parti conservateur (Høyre = H) en coalition avec le Parti du progrès (Fremskrittspartiet = FrP), et depuis 2018 aussi avec du Parti Venstre (V). (5)

Pour le gouvernement norvégien une partie importante de la politique d’intégration consiste à encourager les immigrés participer aussi à la vie civique, par exemple à la politique ou aux associations de bénévolat. Le gouvernement souligne qu’une haute participation aux élections est importante pour le fonctionnement de la démocratie représentative, et aussi que c’est important que tous les groupes, comme les Norvégiens issus de l’immigration ou bien étrangers résident en Norvège, participent à la représentation politique nationale et locale : Cela peut les aider à pouvoir exercer une plus grande influence sur leur vie quotidienne. (6)

La contribution des élus étrangers aux conseils municipaux

En 1983 il y avait 8 élus issus de l’immigration aux conseils municipaux en Norvège. Après les élections en 2015 il y a 173 élus citoyens norvégiens issus de l’immigration et 101 élus citoyens étrangers.

Le 14 septembre 2015 la Française Diane Berbain a été élue membre du Conseil municipal de Bergen, la deuxième plus grande ville de Norvège.

Diane Berbain, Française élue au Conseil municipal de Bergen. Intervention sur la domiciliation des réfugiés lors d’une séance en 2016

Les élus étrangers, bilingues et biculturels, peuvent particulièrement avec leurs connaissances de la culture et de la vie dans leur pays d’origine contribuer au conseil municipal. Cela concerne non seulement des aspects intéressants pour la discussion et le travail politique, mais aussi pour l’échange interculturel sur les sujets communs entre des conseils municipaux de différents pays.

Allemande en Norvège

Moi, je suis Norvégienne d’origine allemande. Quand je suis arrivée en Norvège fin 1979, j’avais la nationalité allemande. Grâce au droit de vote des étrangers j’ai pu voter en septembre 1983 aux élections locales et régionales.

Tous les quatre ans, depuis 1983, les étrangers résidant depuis au moins trois ans en Norvège peuvent voter et sont éligibles aux élections municipales (kommunestyrevalg) et aux élections régionales (fylkestingsvalg).

En 1988 j’ai acquis la nationalité norvégienne. En ce temps-là, je pensais rester en Norvège pour toute ma vie, et je voulais avoir les mêmes droits que les Norvégiens. Pour moi, le droit de vote aux élections nationales était un aspect essentiel pour acquérir la nationalité norvégienne.

Norvégienne en France

Les choses changent, je ne suis pas restée en Norvège. En 2012 je me suis installée en France. J’ai été surprise d’apprendre que les étrangers non-communautaires en France n’avaient pas le droit de vote aux élections locales.

Comme membres de l’Espace Économique Européen (EEE) les Norvégiens ont en France, sous condition de réciprocité, le droit de travailler, de faire des études et de résider, au même titre que les membres de l’Union Européenne (UE). Mais même si les Norvégiens ont tout ces droits, le droit de vote n’est pas accordé aux citoyens norvégiens comme aux membres de l’Union Européenne.

Moi, Norvégienne en France, je suis résidente dans ma commune du Relecq-Kerhuon depuis six ans. Je paye des impôts locaux, je peux m’inscrire aux associations, je peux participer à tous les événements, je peux m’engager pour tous les projets de la ville – mais je n’ai pas de droit de vote aux élections locales. Et je n’ai pas non plus eu le droit de voter le 1 juillet 2018 à la consultation citoyenne concernant l’acquisition par la ville de deux parcelles littorales.

J’ai l’impression qu’en France les politiciens qui sont contre le droit de vote des étrangers voient les résidents étrangers comme une charge et un problème.

Heureusement dans ma commune du Relecq-Kerhuon je me sens la bienvenue. J’étais très contente d’apprendre au Conseil Municipal le 19 décembre 2012 que la majorité (PS/PCF) des élus de ma commune s’engageaient pour le droit de vote des étrangers.

Mon implication dans la vie de ma ville d’adoption

Dès mon arrivée en 2012 j’ai suivi des séances du Conseil Municipal parce que cela m’intéresse de savoir ce qui se passe dans la vie politique de ma ville. Après les élections en 2014 le Conseil municipale m’a appelé à la Commission « Petite enfance, vie scolaire, jeunesse » comme membre avec voix consultative.

Concernant d’autres engagements plus récréatifs, je peux faire mention du groupe de Scrabble anglais qui j’ai fondé en avril 2014. Au début nous étions quatre personnes et en 2018 il y a déjà onze membres. Le Café culturel de la médiathèque du Relecq-Kerhuon nous accueille une fois par mois pour nos séances de Scrabble où on joue et on parle en anglais.

J’ai contribué à l’aménagement participatif de la Place Jeanne d’Arc. Tous les citoyens étaient invités à dessiner sur des plaques de bois dans le style de Mondrian et Vasarely, Ensuite les plaques sont installées sur les contremarches des gradins de la place.

J’ai essayé de dessiner mon chien dans une structure inspirée par Vasarely

Pourquoi la France n’accorde-t-elle pas le droit de vote aux étrangers ?

Participer à la démocratie, aller voter, cela a été toujours important pour moi. Pourquoi la France me laisse-t-elle participer à la vie de ma ville et au financement du budget sans me donner le droit de m’exprimer aux élections locales ou à une consultation citoyenne ? Pour moi c’est complètement incompréhensible.

Pourquoi la France a-t-elle une vision différente de celle de la Norvège sur l’importance qu’il y a à inclure tous les résidents dans les processus démocratiques ? Pourquoi ne craint-on pas de conséquences négatives pour la légitimation du système électoral et la démocratie locale quand on refuse à donner une voix démocratique aux résidents étrangers ? Jusqu’à ce jour j’ai habité dans trois pays, en Allemagne, en Norvège et en France. Comme moi, il y a beaucoup de personnes, qui se déplacent dans différents pays au fil de leur vie.

La mobilité des personnes, ne devrait-elle pas être un argument pour le droit de vote des étrangers, quel que soit leur pays d’origine, de l’Union Européenne ou non ?

Conclusion

Les pays nordiques ont accordé le droit de vote aux étrangers aux élections locales assez tôt. La Suède a accordé le droit de vote à tous les étrangers dès le début, en 1975. Les autres pays ont accordé le droit de vote aux étrangers en deux temps, au début seulement aux étrangers des autres pays nordiques. Le temps de l’extension du droit de vote à tous les étrangers a varié de quatre ans au Danemark jusqu’à 16 ans en Islande.

En 2001 la France a accordé le droit de vote aux élections locales aux membres des autres pays de l’Union Européenne. Donner le droit de vote seulement à certains étrangers, ça pourrait être un début, pour plus tard étendre le droit de vote à tous les étrangers comme au Danemark, en Norvège, en Finlande et en Islande. Mais en 2018 cela fait déjà 17 ans depuis les étrangers communautaires ont le droit de vote, et on ignore toujours quand la France va accorder le droit de vote à tous les étranger

Quand je regarde la devise attachée au mur de notre mairie, ça me donne à réfléchir. « Liberté, Egalité, Fraternité », est-ce que cette devise également pertinente pour le droit de vote des étrangers ?

J’aimerais avoir une réponse des politiciens français.

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Références


(1) Source pour la carte des pays nordiques : S. Solberg J., 2. juni 2008, Members of the Nordic Council.

(2) Harald Waldrauch, European Centre for Social Welfare Policy and Research, Electoral rights for foreign nationals : a comparative overview of regulations in 36 countries

(3) Sources pour toutes les statistiques éléctorales : Le Bureau central des statistiques de Norvège (Statistisk sentralbyrå { SSB) : Øyvin Kleven, Innvandrere og kommunestyretvalget 2015, SSB Rapporter 2017/10

(4) Tilrettelegging for økt valgdeltakelse (en français : Mésures pour augmenter la participation aux élections)

(5) Høyre = H = droite. Parti (centre)-droit. Fremskrittspartiet = FrP. Parti le plus à droite au Parlement. Venstre =V = gauche. Libéral et social libéral. Selon : Les élections législatives en Norvège – 11 septembre 2017

(6) Regjeringens mål for integrering (en français : Objectif du gouvernement pour l’intégration)

(*) Le droit de vote des résidents étrangers. Actualités en France et en Europe, les conséquences du Brexit – Séminaire organisé par le collectif J’y suis j’y vote, dont la LDH est membre

Droit de vote des étrangers en France et en Norvège

En France, il y a 37 ans que François Mitterrand pendant sa campagne électorale a proposé le droit de vote aux élections municipales aux étrangers résidant au moins depuis cinq ans dans le pays. Élu président, François Mitterrand a abandonné cette proposition.

Tous les ans, depuis 1981, les politiciens français discutent le droit de vote des étrangers aux élections municipales, le résultat étant toujours défavorable.

En Norvège, il y a 35 ans que les Français comme d’autres étrangers peuvent exercer le droit de vote aux élections locales et régionales.

Tous les quatre ans, depuis 1983, les étrangers résidant au moins trois ans en Norvège peuvent voter et sont éligibles aux élections municipales (kommunestyrevalg) et aux élections régionales (fylkestingsvalg).

Le 14 septembre 2015 la Française Diane Berbain a été élue membre du Conseil municipal de Bergen, la deuxième plus grande ville de Norvège.

Moi, je suis Norvégienne en France, résidant dans ma commune de Le Relecq-Kerhuon depuis six ans. Je paye des impôts locaux, je peux m’inscrire aux associations, je peux participer à tous les événements, je peux m’engager pour tous les projets de la ville – mais je n’ai pas de droit de vote aux élections locales. Et je n’ai pas non plus eu le droit de voter le 1 juillet 2018 à la consultation citoyenne concernant l’acquisition par la ville de deux parcelles littorales.

Pourquoi la France me laisse-t-elle participer à la vie de ma ville et au financement du budget sans me donner le droit de m’exprimer aux élections locales ou à une consultation citoyenne ?

Pourquoi la France n’accorde-t-elle pas aux étrangers le droit de vote aux élections locales pour leur donner une voix et de l’influence démocratique sur les décisions locales qui les concernent directement ? Pour moi c’est complètement incompréhensible.

J’ai l’impression d’être mineure et sous tutelle de mes concitoyens français qui peuvent décider de l’avenir de ma ville d’adoption même s’ils y habitent peut-être juste depuis peu de temps. Je constate que la France souhaite l’intégration des étrangers mais cette intégration ne va pas jusqu’à la participation démocratique, on ne souhaite pas que les étrangers se mêlent de démocratie.

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Une partie de ce texte est déjà publiée sur mon blog le 28 juin 2018 sous le titre “L‘intégration s‘arrête à la participation démocratique”

L‘intégration s‘arrête à la participation démocratique

Le 1er juillet il y a une consultation citoyenne dans ma commune Le Relecq-Kerhuon où j’habite depuis 2012.

Cette consultation citoyenne concerne l’acquisition de deux parcelles littorales qui sont à la vente et c’est une occasion unique pour notre ville de préserver notre littoral.

Le 1er juillet c’est à chaque habitant de voter pour ou contre ce projet (1).
A chaque habitant ? Non, ça ne me concerne pas. Je suis Norvégienne et donc une étrangère non-communautaire de l’Union Européenne.

Je suis citoyenne du Relecq-Kerhuon depuis six ans, je paye des impôts locaux, je peux m’inscrire aux associations, je peux participer à tous les événements, je peux m’engager pour tous les projets de la ville – mais je n’ai pas de droit de vote aux élections locales et même pas le droit de voter pour le projet de l’acquisition de deux parcelles littorales.

Si on s’installe dans un autre pays, ce pays peut à juste titre s’attendre à ce qu’on apprenne bien la langue et la culture, et qu’on se renseigne sur les valeurs et sur la système politique du pays. Ce sont évidemment des conditions préalables pour bien s’intégrer.

Mais pourquoi la France me laisse participer à la vie de ma ville et au financement du budget de ma ville sans me donner le droit de m’exprimer aux élections locales ou à une consultation citoyenne ? Pourquoi la France n’accorde pas aux étrangers le droit de vote aux élections locales pour leur donner une voix et de l’influence démocratique aux décisions locales qui les concernent directement ? Pour moi c’est complètement incompréhensible.

J’ai l’impression d’être mineure et sous tutelle de mes concitoyens français qui peuvent décider l’avenir de la ville même s’ils y habitent peut-être juste depuis peu de temps.

Je constate que la France souhaite l’intégration des étrangers mais cette intégration s’arrête à la participation démocratique, on ne souhaite pas que les étrangers se mêlent de la démocratie locale.

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1) http://yohann-nedelec.blogspirit.com/archive/2018/06/03/oui-ou-non-dans-1-mois-vous-voterez-3106677.html

Jumelages entre villes

Mes premières expériences avec des jumelages entre villes datent de la fin des années 1970, quand j’étais jeune étudiante à l’université de Münster/Westphalie en Allemagne.

Une délégation de politiciens norvégiens est venu en visite à Münster, qui depuis 1967 est jumelée avec la ville de Kristiansand située en région de Vest-Agder en Norvège.

Dans la délégation norvégienne il y avait le président du conseil régional de Vest-Agder, Torvald Kvinlaug, qui ne parlait ni allemand, ni anglais. Un conseiller municipal de Münster m’a contacté car il savait que je parle le norvégien. Et par la suite on m ‘a demandé de traduire et d’être guide pour Torvald Kvinlaug et sa femme pendant leur visite à Münster.

Le jumelage entre Kristiansand et Münster s’est perpétué bien au-délà de cette époque. Aujourd’hui il y a beaucoup de projets d’échange entre écoles et entre un grand nombre d’ associations et d’institutions, p. ex. entre les clubs de Bridge, les clubs de camping, les groupes de danse folklorique, les clubs de sports, les chorales, les artistes, les services municipaux et les municipalités des deux villes, et il y a évidemment des rencontres privées. L’association de jumelage a organisé pour les habitants de Münster des soirées sur Kristiansand et la Norvège et des voyages à Kristiansand. Cette année en février/mars il y a eu les journées de film norvégien dans un cinéma à Münster.

La ville de Kristiansand est aussi jumelée avec Orléans, la seule ville en France qui est jumelée avec une ville en Norvège.

Le jumelage entre villes a encore une fois croisé ma route dans ma nouvelle ville d’adoption Le Relecq-Kerhuon.

Déjà avant d’arriver en 2012 avec mes cartons de déménagement au Relecq-Kerhuon, j’ai appris en septembre 2009 par le blog du maire Yohann Nédélec qu’il existe un jumelage entre la ville du Relecq-Kerhuon et la ville de Bodmin en Angleterre. Cette année-là on a fêté les 30 ans de jumelage entre les deux villes.

Le jumelage entre Bodmin et Le Relecq-Kerhuon c’est surtout les relations personnelles entre des familles jumelées. Les familles se rendent visite une année au Relecq-Kerhuon, l’année suivante à Bodmin.

Du 29 avril au 2 mai dernier ont venues 9 familles anglaises pour rendre visite à leurs familles jumelées au Relecq-Kerhuon avec qui elles sont devenues amis depuis maintes années. J’ai accueilli un couple qui était venu pour revoir son amie de jumelage depuis plus de 30 ans ! Ils ont habité chez moi car leur amie ne pouvait pas les accueiliir chez elle cette fois.

A Bodmin il est difficile de trouver des nouvelles familles intéressées d’être jumelées avec une famille au Relecq-Kerhuon. En 2013 le « Cornish Guardian » a publié un article concernant ce probleme :

Twinners seek to strengthen Breton link

Dans cet article Sherry Boocock, membre du comité de jumelage à Bodmin a dit que:

“There are so many French families and couples in Le Relecq Kerhuon who want to be involved in the twinning, but at the moment we can’t keep up with the requests, so we really do need more people from our town to join us”.

Le samedi 30 avril dernier à une reception des deux comités de jumelage au Relecq-Kerhuon, le président du comité de Bodmin a communiqué qu’ils ont fait des tracts à distribuer aux élèves des écoles à Bodmin pour essayer de trouver des nouvelles familles pour le jumelage.

Philippe Le Guen, le président du comité de jumelage au Relecq-Kerhuon, a présenté deux projets prévus au Relecq-Kerhuon.

Il a invité les familles de Bodmin à faire des photos au Relecq-Kerhuon, et pendant leur prochaine visite à Bodmin les familles du Relecq-Kerhuon à faire des photos dans cette ville. Le but est une exposition de photos dans les deux villes.

Le deuxième projet du comité de jumelage au Relecq-Kerhuon c’est d’inviter les écoles du Relecq-Kerhuon à un concours de nouvelles. Il est aussi prévu une catégorie pour les adultes au concours.

Il semble qu’il existe différents modèles d’échanges interculturelles pour le jumelage entre villes.
Un modèle de jumelage pour l’échange d’expériences et d’idées entre les institutions, associations et municipalités et en plus aussi pour tisser des liens sur le plan personnel. Et un autre modèle de jumelage plus personnalisé et dans le but de se lier d’amitié avec des personnes et familles dans l’autre ville.

J’espère que toutes les familles jumélées qui se sont revues au Relecq-Kerhuon le week-end du 1er mai dernier ont passé un bon moment ensemble !

Et moi, j’attends avec impatience le sujet pour les nouvelles. Car, comme vous pouvez voir sur ce blog, j’aime écrire des petites histoires.


La réciprocité – Pourrai-je voter aux élections en France comme les Français en Norvège ?

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Dere finner den norske versjonen av denne artikkelen her:

Resiprositet – Kommer jeg til å kunne stemme ved valg i Frankrike slik franske statsborgere kan gjøre i Norge?

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Le 14 septembre 2015 ont eu lieu les élections municipales (kommunestyrevalg) et les élections régionales (fylkestingsvalg) en Norvège. A Bergen, deuxième plus grande ville de Norvège, la Française Diane Berbain a été élue membre du Conseil municipal qui comprend 67 représentants.

Après trois ans de résidence en Norvège Diane Berbain a comme tous les résidents étrangers le droit de vote et l’éligibilité en Norvège aux élections municipales (kommunestyrevalg) et aux élections régionales (fylkestingsvalg).

J’ai habité à Bergen jusqu’à 2012, quand je me suis installée en France. Ayant la nationalité norvégienne je n’y ai pas de droit de vote.

Comme membres de l’Espace Economique Européen (EEE) les Norvégiens ont en France sous condition de réciprocité le droit de travailler, faire des études et de résider, au même titre que les membres de l’Union Européenne(UE). Même si les Norvégiens ont tous ces droits, le droit de vote n’est pas accordé aux citoyens norvégiens comme pour les membres de l’UE.

Le droit de vote est la base fondamentale de la démocratie, et c’est aussi un droit important pour chacun des habitants. Avoir le droit de vote et être éligible aux élections locales dans la commune de domicile donne la possibilité d’exercer une influence sur les décisions de la commune dans les domaines qui concernent directement la vie de chacun, comme p.ex. l’infrastructure de la commune, les impôts et taxes locales, la politique scolaire, l’aide aux personnes âgées et le programme culturel.

Une personne qui vient d’un autre pays, comme Diane Berbain en Norvège, peut avec ses connaissances de la culture et de la vie dans son pays d’origine contribuer en apportant des aspects intéressants à la discussion et au travail politique.

Dans l’Union Européenne ce sont l’Espagne et et le Portugal qui ont accordé le droit de vote aux élections locales sous condition de réciprocité aux Norvégiens résidant dans leurs pays. Et encore dans les pays nordiques de l’UE, au Danemark, en Suède et en Finlande, les citoyens norvégiens ont le même droit de vote aux élections que les citoyens de ces pays en Norvège.

J’espère que les politiciens français s’engageront pour l’accord du droit de vote sous condition de réciprocité aux Norvégiens résidant en France.

“VOTER EST UN DROIT, C’EST AUSSI UN DEVOIR CIVIQUE”

S’engager pour les réfugiés

J’ai publié la prémière partie de la note ci-dessous comme commentaire sur un article sur le blog de Yohann Nédélec, Maire de Le Relecq-Kerhuon : 55% de peur

J’ai ici ajouté quelques propositions de l’engagement pour les réfugiés.

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Chaque jour je lis les récits et je regarde les images des réfugiés, des familles en grande détresse, des enfants déracinés de chez eux, des jeunes privés de leur avenir dans leur pays d’origine, des maisons détruites, des voisinages rasés, des gens qui enterrent leurs proches et leurs amis…

Je m’imagine que je pourrais être à la place de ces réfugiés : Ma famille persécutée, ma maison détruite, mon voisinage rasé par les bombes, mes enfants, mes amis, mes voisins… Je n’ose pas y songer… Ça me fait peur…

Je pense que si toute mon ancienne vie était détruite, mon seul espoir en tant que réfugiée serait de vivre dans un pays en paix où les gens me souhaitent la bienvenue et me donnent la possibilité d’un nouvel avenir…

Dans une Europe où on évoque souvent des racines chrétiennes, n’est-ce pas une évidence d’aider les réfugiés de la guerre ?

Pour aider les réfugiés on peut…


…s’engager comme parrain/marraine : Duo pour demain

…accueillir des réfugiés chez soi : CALM – Comme à la maison

…s’engager comme interprète

…donner un cours de français

…aider les réfugiés à pratiquer leurs connaissances en langue française dans la vie quotidienne

…offrir des excursions/visites guidées pour leur faire découvrir leur nouveau lieu de vie

…organiser des ateliers où les anciens habitants et les réfugiés peuvent se rencontrer et où on peut apprendre mutuellement, p.ex. un atelier de cuisine, un atelier d’artisanat. Les réfugiés ont des ressources dont nous pouvons profiter.

Et il y a bien d’autres façons d’aider…

S’il y a des réfugiés accueillis au Relecq-Kerhuon je propose de m’engager selon mes ressources et les besoins des réfugiés !

Droit de vote pour les citoyens norvégiens aux élections locales dans l’UE

Le quotidien norvégien BERGENS TIDENDE a aujourd’hui publié une version abrégée de la note de blog ci-dessous, intitulée :

Gi meg stemmerett (Donne-moi le droit de vote)

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Droit de vote pour les citoyens norvégiens aux élections locales dans l’UE

Au Conseil Municipal de Bergen il y a avec Diane Berbain comme suppléante et sécrétaire du groupe Miljøpartiet De Grønne (Parti de l’Environnement – Les Verts) une représentante ayant la nationalité française. Comme citoyenne française elle a le droit de vote et l’éligibilité en Norvège aux élections municipales (kommunestyrevalg) et aux élections régionales (fylkestingsvalg).

J’ai quitté Bergen et me suis installée en France. Comme citoyenne norvégienne je n’ai pas de droit de vote dans la commune française de mon domicile.

Les citoyens de l’Union Europénne en Norvège ont le droit de vote et l’éligibilité aux élections locales et régionales alors que les Norvégiens dans beaucoup de pays de l’UE n’ont aucun droit de vote. Pourquoi la Norvège n’a pas veillé dans le cadre de la convention de l’Espace Economique Européen (EEE) à ce que les citoyens norvégiens domicilés dans un pays de l’Union Européenne aient accordé le droit de vote aux élections locales tout comme les citoyens de l’UE en Norvège ? La réciprocité est autrement un principe fondamental concernant d’autres droits dans l’UE/EEE.

En Norvège tous les étrangers y compris les citoyens européens, qui habitent au moins depuis trois ans dans le pays, ont depuis 1982 le droit de vote et aussi le droit d’éligibilité aux élections municipales et régionales. Les étrangers originaires des pays nordiques ont ce droit dès leur première année de résidence en Norvège.

Dans l’Union Européenne les citoyens de l’UE, qui résident dans un autre pays que leur pays d’origine, ont depuis la convention de Maastricht en 1992 le droit de vote aux élections locales dans la commune de leur domicile. Pour les citoyens norvégiens on a laissé à l’appréciation de chaque pays si on veut accorder le droit de vote.

Sur le site Internet d’EUDO CITIZENSHIP, qui fait partie de “European Union Democracy Observatory “ (EUDO), il y a un aperçu du droit de vote et de l’éligibilité dans l’Union Européenne.*)

Dans les pays nordiques de l’UE, au Danemark, en Suède et en Finlande, les citoyens norvégiens ont le même droit de vote aux élections locales que les citoyens de ces pays en Norvège. L’Espagne a donné sur la base de la réciprocité le droit de vote aux citoyens norvégiens après une résidence de trois ans, alors qu’en revanche l’éligibilité est réservée aux citoyens de l’UE. Au Portugal les Norvégiens ont sur la base de la réciprocité le droit de vote et l’éligibilité après une résidence de cinq ans.

Comme pour les autres citoyens des pays hors de l’UE le droit de vote aux élections locales peut être accordé aux Norvégiens dans six pays de l’UE après au moins cinq ans de résidence (Belgique, Hongrie, Luxembourg, Pays-Bas, Slovénie), après au moins huit ans de résidence (Slovaquie) ou après long temps de résidence (Estonie) et en partie d’autres prérequis spécifiés. En plus dans quatre de ces pays on n’accorde que le droit de vote et pas l’éligibilité (Belgique, Estonie, Hongrie, Slovénie). L’Irlande a donné le droit de vote et l’éligibilité aux élections locales à tous les citoyens étrangers domiciliés dans le pays sous les mêmes conditions qui s’appliquent aux citoyens d’Irlande.

En Allemagne, Angleterre, Autriche, Bulgarie, Chypre, Croatie, France, Grèce, Italie, Lettonie, Malte, Pologne et Tchéquie le droit de vote aux élections locales est exclusivement réservé aux citoyens européens.

Les Norvégiens ont comme tous les autres citoyens de l’EEE/l’UE le droit de travailler, faire des études et de résider dans d’autres pays de l’UE/EEE. Mais quant aux élections locales dans la commune de domicile ce n’est que dans les trois pays nordiques de l’UE, le Danemark, la Suède et la Finlande, qu’on applique le principe de la réciprocité. Même si la réciprocité est à la base du droit de vote des Norvégiens au Portugal et en Espagne il y a d’autres conditions pour les citoyens norvégiens dans ces pays que pour les citoyens portuguais et espagnols en Norvège. Dans près de la moitié des pays de l’UE les citoyens norvégiens n’ont aucun droit de vote.

Le droit de vote est la base fondamentale de la démocratie, et c’est aussi un droit important pour chacun des habitants. Avoir le droit de vote et être éligible aux élections locales dans la commune de domicile donne la possibilité d’exercer une influence aux décisions de la commune sur les domaines qui concernent directement la vie de chacun, comme p.ex. l’infrastructure de la commune, les impôts et taxes locales, la politique scolaire, l’aide aux personnes âgées et le programme culturel.

Il y a déjà 32 ans que la Norvège a accordé le droit de vote aux étrangers pour les élections locales, et ce faisant a reconnu l’importance de donner à tous les habitants la possibilité de s’engager dans la vie politique. Comme citoyenne norvégienne résidant en France, je demande aux politiciens norvégiens, dans les meilleurs délais, d’entamer des négociations avec l’Union Européene sur le droit de vote des citoyens norvégiens.

Prenant comme point de départ la réciprocité qui autrement donne la base des conventions avec l’UE, le droit de vote et l’égibilité réciproque pour les citoyens de l’UE résidant en Norvège et les citoyens norvégiens résidant dans un pays de l’UE devrait être une évidence.

=> Version norvégienne de cette note : Stemmerett ved lokalvalg for nordmenn bosatt i EU-land

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Source : http://eudo-citizenship.eu/electora… (16 juin 2014)