Category: Droit de vote

Les élections municipales – Si je pouvais voter…

Comme étrangère avec la nationalité norvégienne je n’ai pas le droit de vote aux élections locales en France, comme les citoyens européens qui viennent d’un pays de l’Union Européenne.

Si je pouvais voter aux élections municipales, je voudrais bien sûr exercer mon droit de vote. Mais dans la situation actuelle je dois laisser à d’autres de décider l’avenir de notre ville pour les six prochaines années.

J’aime beaucoup vivre à Le Relecq-Kerhuon. Je connais la ville depuis 2009, et j’y habite depuis 2012.

La politique en général m’intéresse et surtout dans ma ville.

Même si je ne peux pas voter je suis avec attention la campagne de deux listes pour les élections municipales 2014:

  • La liste «Unis pour aller plus loin avec Yohann Nédélec » de « L’Union pour Le Relecq-Kerhuon », la majorité sortante au Conseil municipal qui est composée du PS et PCF. La liste est menée par le maire sortant, Yohann Nédélec.
  • La liste « Ensemble, bâtissons notre futur » menée par Noëlle Berrou-Gallaud, conseillère municipale sortante. Cette liste déclare être « sans étiquette ».

Toutes les deux listes ont eu leurs premières réunions publiques pour se présenter.

J’ai assisté à ces réunions qui avaient lieu à l’Astrolabe le 30 janvier dernier pour la liste «Unis pour aller plus loin avec Yohann Nédélec » et le 7 février dernier pour la liste « Ensemble, bâtissons notre futur ».

Les présentations étaient très differentes :

  • Yohann Nédélec et ses colistiers de « L’Union pour Le Relecq-Kerhuon » avaient pour priorité de présenter leur programme pour la ville, une vue d’ensemble mais aussi des détails sur les projets présentés par les différents candidats de la liste.
  • Noëlle Berrou-Gallaud et ses colistiers de la liste « sans étiquette » avaient pour priorité d’utiliser la plupart de la séance pour la présentation des candidates et leurs données personelles. Ils n’ont présenté que quelques projets pour la ville.

Et une autre différence importante :

  • À la réunion de « L’Union pour le Relecq-Kerhuon » le public avait l’occasion de poser des questions. On a même mis à disposition le numéro d’un portable de campagne, pour que les personnes qui trouvent difficiles de parler devant une grande audience pouvaient envoyer des questions par sms. Les questions reçu par sms ont été lu devant le public à la réunion par un des colistiers.
  • À la réunion de la liste «Ensemble, bâtissons notre futur» Noëlle Berrou-Gallaud à terminé la séance sans accorder au public la possibilité de poser des questions. C’est d’autant plus surprenant car ils ont explicitement écrit sur la carte d’invitation pour leurs réunions « Parlons-en ensemble, lors de nos réunions publiques ».

Je lis régulièrement sur les sites-Web de ces deux listes.

  • Le site de « L’Union pour le Relecq-Kerhuon » (http://lunionpourlerelecqkerhuon.fr/) donne de nombreux renseignements sur le programme sous trois rubriques principales : Une ville pour vivre ensemble. Une ville en mouvement. Une ville tournée vers l’avenir.

On trouve sur ce site des commentaires des lecteurs qui sont favorables et aussi des commentaires des lecteurs qui s’opposent à la liste.

  • Sur le site de la liste «Ensemble, bâtissons notre futur » (http://www.lerelecqkerhuon2014.fr/) on avait présenté quelques projets dans la rubrique « Nos idées ». Cette rubrique a disparu le 10 février et remplacée par « Notre projet ». On a aussi fait une sorte de FAQ : « Répondez-nous, Noëlle Berrou-Gallaud ». Il y a des questions et des réponses sur Noëlle Berrou-Gallaud, sur la liste et sur les projets.

Sur ce site on trouve seulement des commentaires favorables. Auparavent j’ai lu un commentaire critique à la liste. Dans un premier temps la liste avait répondu à ce commentaire mais après ils ont effacé toutes ces deux notes.

A la réunion de campagne de la liste « Ensemble, bâtissons notre futur » on n’a pas accordé au public la possibilité de poser des questions et sur le site web on on effacé le commentaire critique. Tout cela ne convient pas non plus à l’ambition exprimée sur la carte d’invitation de « Vous écouter, être accessible et disponible pour tous ».

Pour prendre ma décision j’ai pris en considération mes expériences comme habitante, mes impressions sur les réunions de ces deux listes, ce que j’ai lu sur leurs sites web, le compte rendu et le programme de la liste de « L’Union pour Le Relecq-Kerhuon » .

Voici mon vote :

Si je pouvais voter aux élections municipales, je voterais pour la liste « Unis pour aller plus loin avec Yohann Nédélec », pour que le bon développement de la ville puisse continuer.

Droit de vote des étrangers

Une démocratie vivante a besoin que les habitants du pays s’intéressent à la politique et exercent son droit de vote qui est est à la base de la démocratie. Je trouve difficile à comprendre pourquoi on n’a pas donné le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant en France et donc la possibilité de s’engager dans la politique et pour la démocratie.

J’ai la nationalité norvégienne et je n’aurai aucun droit de vote.

Dans ma commune Le Relecq-Kerhuon je visite des séances du Conseil Municipal parce que c’est intéressant de savoir ce qui se passe dans la vie politique de ma ville.

Au Conseil Municipal le 19 décembre dernier, la majorité (PS/PCF) a présenté la proposition d’un voeu au Président Hollande « Pour la mise en oeuvre du droit de vote aux résidents étrangers aux élections 2014 ».

J’étais très contente d’apprendre que les élus de ma commune s’engagent pour le droit de vote des étrangers. Sauf les élus de l’opposition. Ils ont voté contre cette déliberation. Une élue de l’opposition m’a choquée quand elle a terminé son discours sur le droit de vote des étrangers en disant que « il serait temps de s’occuper des vrais problèmes des Français plutôt que d’agiter des hochets de ce type devant leur nez ? »

Je n’aurais jamais cru qu’une femme politique, qui comme moi a de la chance de vivre dans une démocratie, pourrait caractériser l’engagement pour le droit de vote comme « hochets ».

En Norvège le droit de vote des étrangers était accordé en 1982. Les étrangers qui habitent au moins depuis trois ans dans le pays ont le droit de vote et aussi le droit d’éligibilité aux élections municipales et régionales (en norvégien: « kommunestyrevalg » et « fylkestingsvalg »). Les étrangers des pays nordiques ont ce droit lors de leur prémière année de résidence en Norvège.

Le pays accueil attend à juste titre que les étrangers comme moi apprennent bien la langue et la culture, et qu’ils se renseignent sur les valeurs et du système politique du pays. Ce sont évidemment des conditions préalables pour pouvoir se bien intégrer. Mais pour une intégration réussie on doit participer activement dans la société. Le droit de vote aux élections locales soulignent l’importance que les étrangers aussi s’engagent dans la vie politique.

En Norvège le droit de vote aux élections nationales est accordé seulement aux citoyens norvégiens. Je suis norvégienne d’origine allemande. Pour moi le droit de vote aux élections nationales était un aspect important pour acquérir la nationalité norvégienne.

La nationalité est un élément important de l’identité personnelle et elle n’est pas facile à renoncer. J’ai parlé avec des gens des differents pays qui ne pouvaient pas comprendre que j’ai changé ma nationalité, même si j’ai parlé de droit de vote.

Et aujourd’hui pour moi, mes plus de trentes ans en Norvège sont une très importante partie de ma vie. Je suis Norvégienne maintenant, d’origine allemande. Et cela serait très difficile à renoncer.

J’espère qu’on accordera le droit de vote aux étrangers en France.